Cette exposition réunit Yves d’Anglefort, Juliette Lempereur, Séverine Martinez et Valérie Giambra autour d’un même espace de résonance : celui du geste, de la présence et de l’intime. Qu’il s’agisse de fil, de trait ou de couleur, leurs pratiques interrogent ce qui se construit dans le temps, ce qui se révèle ou se protège, et ce qui relie le corps à l’œuvre.
Yves d’Anglefort
(Texte à venir)
Le travail de Juliette Lempereur se déploie dans une économie de moyens où le fil devient ligne, presque écriture. Le lin, souple et irrégulier, dessine des formes aériennes, autonomes, nées de gestes simples et répétés. Les lois de la tension et de la pesanteur guident l’apparition des surfaces et des objets, suspendus entre dessin et sculpture.
Si ses œuvres témoignent d’une grande légèreté de matière, le temps, lui, n’est jamais compté. Hérités de ses expériences de musicienne, d’informaticienne puis de textilienne, le rythme, le jeu et la répétition donnent naissance à des gestes libérés de toute fonction utilitaire. Ils existent pour eux-mêmes, habitent le mur et ouvrent un espace propice à la rêverie.
Chez Séverine Martinez, le dessin et la peinture deviennent des lieux d’exploration intérieure. Travaillant ici principalement le noir et blanc, au fusain et à la pierre noire, elle interroge les notions d’intimité, d’identité et de construction de soi. D’une figuration initiale, souvent liée à l’enfance, son travail évolue vers des formes plus symboliques, où les questions de limites, de seuils et de frontières intérieures occupent une place centrale.
Ses œuvres donnent à voir une tension entre ce qui se révèle et ce qui se protège, faisant émerger des équilibres fragiles, des présences organiques et des états de transition. Elles évoquent des paysages intérieurs, traversés par des transformations émotionnelles, laissant à chacun la liberté de sa propre lecture.
La peinture de Valérie Giambra se distingue par une intensité vibrante, portée par la couleur et le regard. Ses portraits, habités et puissants, établissent une connexion directe avec le spectateur. Les regards profonds de ses sujets transmettent des émotions fortes et une présence intérieure singulière. La couleur devient un outil expressif, renforçant les sentiments et transformant chaque tableau en un voyage émotionnel.
Dans Ce qui veille, son œuvre récente, elle explore la notion de protection active : les mains deviennent le lieu d’une présence silencieuse autour de l’enfance, et le rouge n’est pas un cri mais une action. Ce tableau marque le passage de l’enfant à l’adulte et donne sens à l’ensemble de ses portraits, révélant une peinture qui ne se veut jamais décorative, mais porteuse d’un message profond.



